Togo : Le NID exige le report des locales et préconise des élections générales en 2020

©Nouvelleafrique (Lomé, le 08 février 2019)-Depuis Août 2017,  le parti  politique Le NID, présidé  par Gabriel Sassouvi DOSSEH-ANYRON,  bien  que ne faisant pas partie  de la coalition de l’opposition (C14), a toujours  participé  à presque toutes les marches organisées par cette dernière. Mieux  le parti n’a pas lésiné sur  ses  moyens dans les mobilisations des populations togolaises autour de la coalition. Au lendemain des législatives du 20 décembre 2018 et à  l’approche  des locales  annoncées par le gouvernement togolais pour le premier semestre de l’année en cours, le président du parti s’est prononcé  sur ces différents sujets.   C’est  à  travers   une  interview accordée à notre  rédaction et  dans laquelle  il  est également revenu  sur le  bilan de la C14.

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Nouvelleafrique : Monsieur le Président, votre Parti le NID a été un acteur permanent et allié de la C14 depuis le soulèvement populaire du 19 Août 2017. Quel bilan établissez-vous de cet engagement ?

DOSSEH-ANYRON : Permettez-moi au prime abord, de préciser les conditions par lesquelles la C14 s’est constituée et portée au devant de la lutte du 19 Août 2017. Le Parti le NID,à la sortie de son 3ème Congrès statutaire, a pris la résolution qu’est ‘’ L’Appel de Vogan du 3 décembre 2016 ‘’ dont l’objectif est la réorganisation efficace de l’opposition pour sortir de ces échecs à répétitions, depuis le soulèvement populaire du 5 octobre 1990. Il s’agit de créer une véritable alternative crédible pour l’alternance, en 2020. Cet ‘’Appel de Vogan du 3 décembre 2016 ‘’ préconise, l’organisation d’une Table Ronde de l’Entente de toutes les forces républicaines et démocratiques : un Programme Commun, le lien, la méthode, la vision commune partagée et l’objectif bien défini, une Plate-forme gouvernementale, le ciment, l’indispensable instrument de confiance pour l’alternance, en 2020. Dès lors, le Parti le NID, s’attèle à l’organisation de la Table Ronde de l’Entente de l’opposition. Une campagne médiatique s’est engagée par notre parti pour promouvoir le bien fondé de cet ‘’Appel de Vogan du 3 décembre 2016 ‘’ et des démarches engagées pour fédérer ainsi toutes les énergies à cet effet. Des conférences-débats dans les quartiers sont animées à la base. Des contacts avec  des Partis politiques et des Leaders sont entamés ; il s’agit en l’occurrence des démarches auprès de l’Ancien Premier Ministre Maître Yawovi Agboyibo pour le CAR, de Gilchrist Olympio pour l’UFC, du Dr William Kouessan pour Santé du Peuple, de certains cadres de l’ANC, de Fulbert Attisso pour Togo Autrement, de Nicodème Habia pour le Parti des Démocrates et leur regroupement ‘’le groupe des six ‘’, etc.… Suite à ces entretiens, des avis favorables unanimes ont été recueillis. C’est dans ce contexte qu’arrive, le cri d’alarme émouvant et patriotique de Tikpi Atchadam, Président de PNP, à l’endroit du Chef de file de l’opposition et de toute la classe politique pour mutualiser toutes les énergies dans des manifestations revendicatives sur tout le territoire national ainsi que dans toute la diaspora togolaise pour le retour de la Constitution originelle de 1992 et le vote de la diaspora. Spontanément et en totale symbiose avec la vision de ‘’l’Appel de Vogan du 3 décembre 2016 ‘’, le parti le NID, s’est associé à cette ‘’ tsunami ‘’ du peuple togolais. La mise sur pied de la C14, n’a pas été inclusive ; la C14 s’est constituée par cooptation. Malgré cela, les militants déjà conscients au Parti le NID à tous les niveaux et sur tout le territoire national, se sont immédiatement engagés corps et âmes dans ce combat de l’alternance. Nos militants de Mango, aujourd’hui en exil, ont payé, le lourd tribut. Je salue également ici, la vaillante et permanente participation de mon très Cher ami Norbert Gbikpi du PADET et de ses militants, à toutes les manifestations de la C14. S’agissant du parti le NID, nous avons eu avec la coordination de la C14, au total  05 séances de travail et d’échanges ;  soit pour nous tenir informé des comptes rendus des démarches entamées et en outre recueillir  nos sentiments. Dans ces conditions, il nous paraît évident qu’en termes de bilan financier et moral, le parti le NID attend s’associer au bilanque la C14, aura à publier. Le Parti le NID a été solidaire à la C14 dans toutes les manifestations et dans le boycott des élections législatives du 20 décembre 2018.Comprenez nous qu’à ce jour, le Parti le NID ne pourra établir à lui seul, un bilan en dehors du bilan de la C14. Mais d’ores et déjà, le Parti le NID peut affirmer sans ambigüité que la différence fondamentale entre l’esprit de ‘’ l’Appel de Vogan du 3 décembre 2016 ’’ qui l’anime, est  la planification de la conquête et de la gestion du pouvoir par l’opposition alors que la C14 paraît être dans une dynamique de contestation et de revendication pour les réformes à l’égard du pouvoir et aller ensuite à la conquête du pouvoir par les élections en rang dispersé.

Nouvelleafrique :Votre Parti le NID a boycotté les élections législatives du 20 décembre 2018. C’est un acte majeur pour un parti qui prône la conquête du pouvoir par les urnes. Pourquoi ?

DOSSEH-ANYRON : Dans la déclaration de principe politique du Parti le NID, document approuvé et adopté au Conseil National du 27 septembre 2008 au Centre Christ Rédempteur de Brother Home à Lomé intitulé ‘’Notre Voie ‘’, le parti le NID conçoit le boycott comme une action stérile et contre-productive. Comment pouvait-il en être autrement, alors que nous prônons la conquête du pouvoir par les urnes ? Ce boycott est exceptionnel. Nous ajoutons même que dans le contexte, c’est un acte déterminé contre l’arbitraire et le tripatouillage programmé. Pourquoi ? Nous déplorons le rôle ambigu de la CEDEAO qui ne peut en aucun cas, ignorer les graves entorses au processus électoral du 20 décembre 2018 quand à la forme que sur le fond est incompréhensible et inacceptable. A titre d’illustration, l’absence du code électoral ; les modifications issues des négociations entre la C14 et le pouvoir sous la houlette de la CEDEAO n’ont pas été intégrées au code électoral par l’Assemblée Nationale, avant les élections du 20 décembre 2018. Ce qui confère le caractère de non-droit à ces élections du 20 décembre 2018 déroulées sans règle préalable pouvant garantir la transparence et encore moins la vérité des urnes. La solidarité et la discipline de notre engagement au côté de la C14 et alliés dans ces conditions, s’imposent. Cela nous amène à cette conclusion sans équivoque ; tous les participants aux élections législatives du 20 décembre 2018, sont de fait des alliés objectifs du RPT/UNIR. Ils ont justifié leur participation aux élections par une posture dite de centrisme. Nous observons que le centrisme est une doctrine politique qui fait la synthèse entre l’idéologie socialiste et le libéralisme. Par conséquent, il ne peut y avoir du centrisme entre la démocratie et la dictature. C’est la dictature ou la démocratie. Participer à ces élections du 20 décembre 2018, c’est cautionner la dictature et la candidature de Faure pour un 4ème mandat, en 2020 !

Nouvelleafrique : Après ces élections du 20 décembre 2018, le nouveau pouvoir, Assemblée Nationale et le Gouvernement sont en place. L’un de leurs objectifs déclaré pour l’apaisement, c’est l’organisation prochaine des élections locales. Quel est alors votre sentiment ?

DOSSEH-ANYRON : L’organisation des élections ne constitue pas la solution à la crise togolaise. Les populations togolaises n’ont pas manifesté pendant plus de 16 mois pour l’organisation des élections mais plutôt pour une meilleure gouvernance, une justice sociale, une lutte plus efficace contre le chômage, une meilleure insertion des jeunes diplômés bref, une autre gouvernance efficiente de la nation d’où la soif de l’alternance. Vous en convenez avec moi que l’organisation des élections du 20 décembre 2018 et les élections locales annoncées ne peuvent en aucun cas apaiser leur soif à l’alternance. Il est clair pour une sortie de crise que l’organisation de la prochaine élection présidentielle de 2020, soit perçue par le peuple togolais comme un véritable tremplin pour l’alternance. On observe que l’Assemblée Nationale issue des élections contestées du 20 décembre 2018, n’est pas représentative de la population togolaise. De par notre Constitution, nous sommes dans une démocratie représentative. La démocratie représentative, tire sa légitimité dans le fait majoritaire. En ce 20 décembre 2018, c’est une population marginale qui est allée voter. Cette Assemblée Nationale issue des élections législatives du 20 décembre 2018 favorise donc la confrontation entre la légalité et la légitimité ; c’est la continuité mécanique de la crise. Par conséquent et pour la cohésion nationale et la paix civile, il faudrait que le Président de la République, use de son droit constitutionnel, pour la dissolution de cette Assemblée et opte pour le regroupement de toutes les Elections, en 2020. Ces élections générales permettront d’une part, de soulager les finances publiques, de sortir du rythme effréné des élections tous les 18 mois. Ces élections générales non seulement permettront de faire une économie d’échelle estimable à plus de 40 Milliards de francs CFA mais en plus vont booster la confiance des Investisseurs dans l’économie togolaise avec l’élimination des risques liées à l’organisation des élections répétitives et trop rapprochées. L’économie togolaise a besoin d’une stabilité politique et institutionnelle. D’autre part, l’économie d’échelle ainsi réalisée servira à financer les infrastructures notamment les établissements scolaires et sanitaires, bref une économie qui va favoriser à coup sûr la croissance. Les besoins de notre jeunesse voire de toute notre population (problème d’accès à l’eau potable, à l’électricité, à la santé etc.) font que, nous ne devons plus continuer à gaspiller les ressources de l’Etat dans des élections rapprochées et contestées. D’ailleurs, les résultats de ces élections ne règlent  nullement la crise togolaise. Pour ce faire, le Parti le NID demande au Président de la République : de surseoir à l’organisation précipitée des élections locales, de convoquer une Grande Assise Nationale Inclusive, de favoriser l’organisation des élections générales le même jour, en 2020, les élections locales, les élections législatives anticipées  et l’élection présidentielle. Le Parti le NID, confiant dans le génie togolais, les partis politiques, la société civile, les communautés religieuses, toutes les forces vives de la nation y compris l’Armée Nationale, ensemble, nous trouverons la solution pour sortir définitivement de la crise togolaise et bâtir notre cité ; ‘’ l’Or de l’Humanité ‘’.

Propos recueillis par la Rédaction

 

 

 

 

 

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