Togo: Les « artistes indignés » répondent aux propos « injurieux » du DG du BUTODRA

Photo : Le journaliste Franck Missité , DG BUTODRA

©Nouvelle Afrique (Lomé, le 28 janvier 2018)-Désolation, fureur, acrimonie …Ce sont être autres les sentiments qui animent depuis quelques jours, les artistes indignés du Togo. A l’origine, la redistribution des recettes à ces artistes au  titre de droit d’auteur pour le compte de l’année écoulée ; une redistribution que ces derniers  qualifient d’inégale et disproportionnée ;  un célèbre artiste aurait même perçu 15.000F CFA  seulement comme droit d’auteur pour toute l’année 2018. Du coup, pour se faire entendre, ces artistes indignés envisageaient une marche en direction du Bureau Togolais des Droits d’Auteurs (BUTODRA). Mais là encore, ce qui vient exacerber les choses, ce sont les propos qu’aurait tenu l’actuel Directeur par intérim du BUTRODA, M. Franck Missité, le 18 janvier lors de la  traditionnelle cérémonie de présentation des vœux des membres du BUTODRA à leur  Directeur Général.

« Les artistes togolais qui planifient une marche pour leurs droits d’auteurs sont des va nu-pieds, illettrés  sans pièces d’identité », aurait déclaré Franck Missité.

Des propos discourtois méprisants et peu élégants, selon  les artistes  indignés, qui, dans un communiqué en date du 26 janvier dernier, ne sont pas allés du dos de la cuillère pour recadrer le DG du BUTODRA , dénoncer les agissements du Bureau  et réclamer les droits qui sont les leurs ainsi qu’une réforme au niveau du l’institution elle-même .

Lire ci-dessous  l’intégralité du communiqué

Le 18 janvier 2019 aux alentours de 10h, lors de la présentation des vœux des membres du BUTODRA à l’actuel Directeur par intérim, Mr Franck Missité, ce dernier a eu à tenir des propos suivants : « Les artistes togolais qui planifient une marche pour leurs droits d’auteurs sont des va nu-pieds, illettrés  sans pièces d’identité ».

Suite à des propos aussi discourtois que peu élégants qui témoignent une fois de plus du mépris et de la condescendance notoires avec lesquels des administrateurs sous le couvert de diplômes discutablement obtenus snobent et vilipendent les artistes que nous sommes, affichant par-là, leur propre inculture et incapacité à gérer des dossiers relatifs aux œuvres de l’esprit, Nous, membres du comité de réflexion sur le BUTODRA, tenons à faire quelques mises au point :

Nous artistes togolais n’avons nulle prétention à être ce que nous ne sommes pas. Ni anges ni démons. Nos œuvres une fois lâchées dans la nature connaissent des fortunes diverses laissées à l’appréciation du public qui fort heureusement demeure libre de l’interprétation et de la valeur à leur donner. Que certaines œuvres ne rencontrent pas les goûts et les valeurs personnels de M. Franck Missité, ne l’autorise pas à se lancer dans des jugements de personnes, attitude qui trahit si besoin était la vacuité d’une classe dirigeante inapte au management moderne de la culture. En lieu et place de dénigrements, nous conseillons au Sieur Missité d’aller à l’école de la sagesse populaire pour laquelle n’est requis ni diplôme universitaire ni larbinisme et qui lui aurait permis de concilier les points de vue plutôt que de se vautrer dans la bonne vieille tactique des autocrates qui est de « diviser, dénigrer pour régner ».
Nous saisissons cette occasion pour inviter les administrateurs du BUTODRA à procéder le plus rapidement possible aux réformes que requiert une telle institution conformément au siècle que nous vivons en veillant à une plus large représentation des artistes au sein du conseil d’administration et en revoyant à la hausse la part des recettes reversées aux artistes. Car, il est inadmissible que sur plus de 131 000 000 FCFA, seulement 15 000 000 soit redistribués à presque 700 sociétaires, soit environ 11.50% des recettes perçues.
Au demeurant, nous rappelons au Directeur par intérim et aux administrateurs de BUTODRA qu’un éveil citoyen est en marche dans le milieu des artistes et rien, ni dénigrements ni intimidations, ne sauront constituer une entrave à cette marche dont le point de chute n’est autre que le BUTODRA et son ministère de tutelle.
Le comité de réflexion sur le BUTODRA invite donc cette organisation à prendre les devants en procédant aux réformes longtemps déjà attendues de la part de cette organisation plutôt que de sa camoufler derrière le juridisme primaire dont elle est coutumière.
Artistes Indignés.

Fait à Lomé, le 26/01/2019

 

 

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