Côte d’Ivoire : Vers un troisième mandat pour Ouattara 

Le président ivoirien Alassane Ouattara. Photo : Twitter/Alassane Ouattara

©Nouvelle Afrique (Lomé, le 21 janvier 2019)-A une année d’une nouvelle élection présidentielle en Cote d’Ivoire, les potentiels candidats s’activent  d’un coté pour les éventuelles alliances et de l’autre pour un maintien au pouvoir. Même si l’actuel président, Alassane Ouattara, n’a toujours pas annoncé son intention de briguer un troisième mandat, tout au plus sait-on qu’il s’est engagé à réformer la commission électorale indépendante (CEI) pour plus d’équité et de transparence, comme le martèlent  à l’envi,  ses laudateurs.

Arrivé au pouvoir en 2011 à l’issue de la  crise postélectorale  de 2010 qui a fait au moins 3000 morts selon l’ONU, ADO-comme le surnomme ses partisans- est de plus en plus controversé que ce soit au sein de sa famille politique que de son opposition. Il est reproché à l’économiste de pratiquer  une politique de manipulation et d’intimidation dans le seul but de se maintenir au pouvoir. Dans ce contexte, les supputations d’une possible candidature lors de l’élection présidentielle de 2020 continuent d’aller bon train mais surtout d’alimenter certains soupçons sur les réelles ambitions du président Ouattara.

Le 30 Octobre  2016, Alassane Ouattara fait adopter par voie référendaire  une nouvelle constitution qu’il promulgue le 8 Novembre. Cette nouvelle constitution, la troisième dans le pays, prend en compte la création d’un poste de vice-président (art. 179), les nouvelles conditions d’éligibilité à la magistrature suprême (art. 55), la création d’un sénat (art. 85 et 87), l’assouplissement  des conditions de révision (art. 177) ainsi que la  constitutionnalisation de la  chambre des rois et chefs traditionnels.

Le projet supprime la limite d’âge de 75 ans pour se présenter à l’élection présidentielle et instaure un mandat de cinq ans renouvelable une fois. Ces deux derniers points soulèvent en particulier l’inquiétude de l’opposition qui voit une manœuvre d’Alassane Ouattara pour garder le pouvoir. Agé de 75 ans, il peut à nouveau se présenter à la prochaine élection présidentielle. Et comme la limitation à deux mandats n’est pas rétroactive, il aurait la possibilité  de se présenter à de nouvelles élections pour briguer d’autres mandats.

« 2020 c’est bouclé… Les autres peuvent attendre 2025 ou 2030 »

A Yopougon (commune populaire) où il y était pour mobiliser les populations en prélude au congrès du RHDP (parti Unifié) prévu pour le 26 janvier , Hamed Bakayoko a laissé entendre que le président Ouattara serait candidat à l’élection de 2020, et mieux encore, il va la remporter sans doute.

« A ceux qui sont encore dans des ambitions personnelles, qui veulent être président coûte que coûte quelque soit ce que ça coûte au pays, quel que soit le sang versé allez leur dire que 2020 c’est déjà calé, c’est bouclé, 2020 c’est déjà géré, ils devront passer après peut être en 2025 ou 2030 » a révélé le week-end dernier, le ministre de la Défense, par ailleurs Maire de la Commune d’Abobo (Abidjan) et député de Séguéla (Nord).

Dans cette même configuration, plusieurs observateurs annoncent la candidature de Guillaume Soro, l’ex chef de la rébellion, aux élections de 2020. Ce dernier n’a pas encore donné sa position mais soutenu par des amis  au sein du RACI (Rassemblement  pour la Coite d’ivoire), il pourrait bien se porter candidat à la magistrature suprême. Sera-t-il capable de battre campagne contre Ouattara, son ex mentor ? L’avenir nous dira.

Charles AYI

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