Week-end sanglant au Togo : Amnesty international dénonce implicitement l’irresponsabilité du gouvernement

©Nouvelle Afrique (Lomé, le 10 Décembre 2018)-Au Togo, les heurts entre Forces de l’ordre et manifestants, ce week-end écoulé,  ont fait au moins deux morts dans des banlieues au  nord de Lomé. Parmi les victimes, un   enfant de 11 ans,  tué par balle réelle par des individus non identifiés, selon le gouvernement Togolais. L’opposition qui avait appelé à ces manifestations   pour demander l’arrêt du processus électoral en cours et le report des élections législatives, parle  plutôt d’au moins  quatre morts  et plusieurs blessés dans le pays. Pour cette journée de Lundi, la  C14 annonce au moins deux morts à sokodé (Centre) et plusieurs blessés.

Cette situation préoccupe davantage  l’ONG Amnesty International qui vient de demander une enquête indépendante et transparente pour situer  les responsabilités sur les assassinats lors de ces manifestations.

« Nous, on a enregistré au moins deux morts à Lomé  lors des manifestations  dont un enfant tué par balle dans la banlieue  nord de la ville.  Il y a souvent des décès enregistrés lors des manifestations   au Togo. En 2017 nous en avions déjà enregistré plus d’une dizaine, c’est souvent aussi, malheureusement des mineurs. C’est quelque chose qui est extrêmement  préoccupant. Maintenant c’est une liste qui s’allonge. C’est une responsabilité de plus envers les autorités qui doivent s’assurer  qu’il y a vraiment une justice sinon il y aura toujours l’impunité et ce climat de violence  qui continuera de régner dans le pays », a déclaré lundi sur RFI, Francois Patuel, chercheur à l’ONG Amnesty International.

Et d’ajouter que : « Ce que nous demandons c’est qu’il ait une enquête indépendante  et que les  responsables soient  présentés  devant  la justice dans le cadre d’un procès équitable ».

Il n’est pas le seul à se prononcer sur la situation. Aimé Addi de la section togolaise d’Amnesty international, quant à lui,  parle de tristesse et de déception. « Nous sommes totalement dépassés par les événements et nous sommes aussi déçus un peu de la réponse des autorités vis à vis de cette situation. Je pense qu’on ne peut pas tolérer que dans un pays on ne peut pas assurer la sécurité des citoyens. Ceux qui ont bravé les interdictions restent des citoyens» a-t-il confié lundi à nos confrères de DW.

Ce dernier se dit aussi «inquiet de l’apparition, entre griffes, des groupe hors de l’organisation hiérarchique des forces de sécurités et de défenses », selon le communiqué des autorités. «Nous demandons aux autorités d’aller  très vite pour une enquête indépendante et impartiale en vue d’établir les fait parce que c’est de trop », a t-il martelé, car selon lui, «l’avenir est incertain face à cette violence inouïe que nous remarquons sur le territoire togolais.»

 Charles AYI

 

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