Togo: L’UFC est victime de sa propre politique, selon Johannes BAVON

©Nouvelle Afrique (Lomé, le 25 Octobre 2018)-C’est le sujet brûlant de l’heure : L’Union des forces du changement (UFC), doit-il forcement siéger  à la Commission électorale nationale indépendante (CENI),  dans le cadre  de l’organisation des prochaines élections ? Pour Johannes BAVON, l’UFC est un parti d’opposition parlementaire mais pas assez compétent  pour siéger à la CENI car n’étant ni partie prenante ni partie concernée par le  dialogue.

« C’est le dialogue qui nous a amené  vers les élections en nous donnant une feuille de route dans laquelle est contenue la procédure à suivre. Cette feuille de route dit que la C14 partie prenante et concernée devra présenter ses membres, le parti au pouvoir Unir devra présenter  également les siens. On ne peut pas arracher à la C14 le statut  de partie prenante et concernée », a-t-il expliqué ce jeudi sur la radio Metropolys.

« C’est comme vous (Journaliste, ndlr) )  et moi (BAVON, ndlr) nous sommes en procès au tribunal , je ne peux pas choisir votre avocat pour vous , vous non plus ne pouvez choisir le mien. Si j’ai besoin de quelqu’un pour me défendre c’est à moi de le choisir mais si vous devez choisir des gens  en ma faveur c’est irrationnel », a ajouté le psychologue.

Selon le secrétaire général du FAR, la C14 a le droit de  se passer de l’UFC à la CENI car argue t-il, le parti de Gilchrist Olympio  est  victime de sa propre politique. L’analyste a également mis en exergue le manque de réactions de l’UFC  surtout au moment des protestations  populaires.

« L’UFC n’a jamais dénoncé ce qui se passait dans le pays surtout venant du pouvoir en place. Avant le 19 août nous n’avions jamais vu l’UFC fait un meeting de sensibilisation pour expliquer au peuple Togolais que les accords ne sont pas respectés et par ricochet prendre les décisions qui s’imposent. Ils n’ont rien dénoncé. Ils ont intégré le gouvernement  ils n’ont rien expliqué aux gens », a déploré l’analyste politique.

Et de faire observer que «  Pendant toute cette période le parti n’a pas eu à dénoncer les abus du pouvoir. Et  lorsque les journaux ont sorti les infos sur les détournements de fonds tout ce qui se fait avec les finances de l’état, l’UFC  n’a jamais  bronché pour donner sa position officielle, et qui ne dit rien consent », soulignant que « l’UFC paie pour ses lacunes en terme de communication car c’est la confusion que le parti a entretenue autour de la collaboration avec  le régime, qui fait qu’elle n’inspire plus confiance ».

Il a conclu donc son intervention en appelant le parti « jaune » à revoir sa communication mais surtout à savoir prendre ses distances vis-à-vis du régime en place  si vraiment le parti veut conquérir le pouvoir un jour. Pour le pasteur  BAVON, c’est la seule alternative pour l’UFC de garder le peu d’électeurs qu’il lui reste.

Pour rappel, la CEDEAO a recommandé mi septembre dernier que chaque partie protagoniste de la crise, notamment pouvoir et C14 (opposition) puisse maintenir ou designer librement ses membres à la CENI ( 8 membres pour chaque partie). Le pouvoir a maintenu ses huit (8) membres à la CENI, la C14 à quant a elle refait une liste dans laquelle elle a exclu l’UFC. Ce dernier  appuyé par le pourvoir  refuse depuis, de céder son siège.

Charles AYI

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