Editorial : Prenez, mangez et votez pour moi !

Les joutes électorales dans les pays africains généralement reflètent les rapports essentiellement clientélistes entre les partis politiques et l’électorat. Ce sont des moments où l’on assiste à toute sorte de stratagèmes, même les plus saugrenues émanant des politiciens pour rallier le plus de votant à leurs causes.

Au Togo, ce rituel consacré de renouvellement du personnel politico-administratif, se révèle être souvent, à n’en point douter « une comédie sous les Tropiques » pour   emprunter   l’expression au Prof Robert Dussey, chef de la diplomatie Togolaise. Une comédie dans laquelle, on manipule les populations et on achète leur conscience.

Dans ce registre, le parti au pouvoir, Union pour la République (UNIR) dont les caciques détiennent tous les pans de l’économie nationale, s’illustre de la plus belle des manières. C’est d’ailleurs le principal ingrédient de leur « recette électorale ». Distributions de houe, coupe-coupe, des T-shirts, des vivres et même des pièces sonnantes et trébuchantes. Tout est fait pour préparer les esprits longtemps ignorés dans leurs souffrances et abandonnés à leur sort.

Pendant que le 20 décembre 2018, une date « fétiche » à en croire les « uniristes » s’approche, on assiste déjà à ces clichés stéréotypés. Les cadres du parti UNIR dans leurs « suffisances » et égoïsmes, passent sous silence les réels besoins des populations et se versent dans des actions « trompe-œil ».

Partout où ils passent, le modus operandi est le même. Les populations voient débarquer dans leurs localités, des hommes politiques qui ne foulent qu’une seule fois tous les cinq ans le sol de leurs fiefs.

Cela va sans dire que ces potentiels candidats aux prochaines législatives, dont les déplacements vers les populations étaient aussi rares comme les larmes du chien, se métamorphosent du coup en champions des actions humanitaires.

Nul besoin d’être dans le secret des dieux pour entrapercevoir que la pauvreté est entretenue à dessein par les tenants du pouvoir. Ceci dans le but de mettre au pas les populations et de leurs miroiter des promesses électorales qui ne sont jamais honorées. « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. », sommes-nous tentés de gloser, pour paraphraser l’homme politique français, Henri Queuille. 

 Cette expression rime parfaitement avec le contexte togolais d’autant plus que les électeurs sont dans leur majorité analphabètes et livrés aux manipulations diverses. Le terreau est donc fertile pour tous les sbires du pouvoir UNIR qui s’enrichissent au dos de l’Etat et se la coulent douce au détriment de  la population qui ploie sous le poids de la misère.A cette allure, Faure  Gnassingbé et son régime  ont de beaux jours devant eux.

Gabriel BLIVI

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