Transformation Agricole :Et si le Togo prenait exemple sur le Rwanda ?

Vue d’ensemble des membres  de la coopérative Iteramberi ry’Abalinzi, borzi ba Makera (IABM),une coopérative de Développement des agri-éleveurs de Makera(80 km de Kigali au sud du Rwanda) ©Telli Kofi/ Global Actu

©Nouvelleafrique (Lomé, le 07 septembre 2018)- L’une des raisons pour lesquelles le Rwanda a été choisi pour abriter cette année l’African Green Revolution forum (AGRF), est que le pays s’est illustré en 2017 comme le plus performant en Afrique, en matière de transformation agricole. L’exemple-type qu’on peut citer, est la coopérative Iteramberi ry’Abalinzi, borzi ba Makera (IABM), ce qui signifie en Kinyarwanda (langue locale), Développement des agri-éleveurs de Makera.

Détenue par les hommes et les femmes du village de Makera dans le district de Muhanza, à 80 km de Kigali au sud du Rwanda, cette coopérative qui transforme le maïs en farine, a été visitée ce jeudi par Gilbert Fossoun Houngbo, le Président du Fonds international pour le développement agricole (FIDA), en marge de l’African Green Revolution Forum (AGRF) qui se tient depuis ce mardi à Kigali. Ici, rien n’est laissé au hasard, du champ jusque dans une usine de transformation de maïs en farine, c’est une véritable entreprise où le système de chaîne de valeurs est respecté à la lettre.

« Le travail que nous faisons ici est basé sur la bonne communication entre les hommes et les femmes à qui appartient cette coopérative. Il y règne un bon leadership avec une transparence inégalée, le tout dans une ambiance où les membres de la coopérative s’approprient la chose. Parfois, ils décident délibérément de ne pas se partager les profits aux fins d’amener plus loin ce projet commun », a indiqué Jean-Baptiste Twagirimana, président d’IABM.

Une production de 3 à 4 tonnes de farine de maïs par jour

Dans un pays où le maïs est l’aliment de base, il était nécessaire qu’une telle structure voie le jour. Les hommes et femmes du village de Makera sont aidés par le gouvernement rwandais qui a mis à leur disposition un champ de 97 hectares. Sur cette parcelle, sont cultivés en saison A, B et C, respectivement du maïs, du haricot et du soja.

Tout a commencé avec un modèle de business plan suivi d’un financement de 49 millions de francs rwandais accordé par le FIDA, pour la construction d’un système de séchage du maïs nourri par un système solaire et d’une usine de transformation de maïs en farine.

« Lorsque le maïs est récolté, il passe soit par un système classique de séchage ou par un autre système, le séchage au vent appelé ‘buble-dryer’. Nous avons aussi un petit système d’égrenage du maïs, ce qui se fait par nous les femmes. Chaque jour que Dieu fait, ce sont 3 à 4 tonnes de farine qui sort de notre usine et nous en sommes fières », a salué l’une des femmes, membre de cette coopérative. Selon elle, si ces facilités n’existaient pas, la population serait découragée, elle n’aura pas là où sécher les productions et le travail ne donnera pas grand-chose.

Au sortir de l’usine, on voit des sacs de 5kg et de 25 kg soigneusement rangés dans une salle. L’approvisionnement sur le marché rwandais se fait par le biais de camions.

Le président du FIDA, une fois les différentes phases de la structure visitée, n’a pas tardé à féliciter les hommes et femmes qui sont à la base de cette initiative, exemple palpable de la réduction des pertes après les récoltes et de chaîne de valeurs. « Je ne me suis pas trompé en venant pour la première fois dans ce district. Je suis émerveillé par la façon dont la coopérative fonctionne », a-t-il déclaré à l’endroit des femmes.

Il a salué une gestion locale, les relations de travail et la technologie utilisée. « J’espère que cet exemple servira à d’autres coopérations dans le pays ou ailleurs dans d’autres pays », s’est-il réjoui avant de souhaiter de voir dans les années à venir, la production doubler ou tripler.

Et si les agriculteurs togolais s’en inspiraient ?

Au Togo, du fait de la faible productivité des activités agricoles, l’essor des unités de transformation est freiné (confère document de politique agricole 2015-2030). Le pays compte 22 entreprises agro-industrielles principales et de nombreuses petites unités artisanales et semi-industrielles qui ensemble représentent moins de 5% du marché local, le reste étant couvert par les importations.

Il faut noter que le bilan alimentaire des produits vivriers est excédentaire ces 5 dernières années. En 2011, on compte jusqu’à 116.500 tonnes d’excédents céréaliers, dont 81.500 pour le maïs. L’Agence nationale de sécurité alimentaire (ANSAT) a même livré l’année suivante 32.000 tonnes de maïs aux pays déficitaires de la sous-région à travers le Programme alimentaire mondial (PAM).

Cependant, la transformation de maïs en farine est détenue par une société étrangère, l’ETG Togo Sarl.

Source : Global Actu

Titre : Nouvelle Afrique

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