« Un chef n’est pas un leader » : Les raisons selon Elmancio Godson

Elmancio Godson lors d’une conférence sur le développement personnel, le 07 septembre 2014 à  Lomé (photo )

©Nouvelle Afrique (Lomé, le 13 août 2018)-Un chef est-il systématiquement un leader ? Que nenni, selon Elmancio Godson, expert en développement personnel.

Au cours de l’émission « Idées », Dimanche sur la TVT, le spiritualiste a fait un distinguo entre ces deux termes , indiquant qu’un leader vaut mieux qu’un simple chef surtout en matière de développement d’une société, d’une entreprise ou encore d’une administration publique. Pour lui, si les chefs ne deviennent pas des leaders, il est presque impossible que l’administration publique ou privée produise des résultats probants.

« Un chef est avant tout une position hiérarchique, c’est-à-dire que chaque positionnement est lié à un supérieur hiérarchique qui porte l’attribut de « chef ». Par contre un leader n’est pas un chef parce qu’un leader c’est quelqu’un qui a la capacité de pouvoir conduire ou mener un groupe de personnes pour atteindre une vision bien précise et ce, en s’inspirant des idées de chacun dans un esprit d’ouverture et d’acceptation », a-t-il expliqué, martelant que « le chef n’a pas forcement une vision parce que sa position est simplement une position hiérarchique avec des tâches et obligations bien définies ».

A en croire M. Godson, étant donné que le chef n’est pas forcement un leader, « les états ou les institutions dans lesquels ont coopte immédiatement des militaires à des postes de responsabilités administratives, la seule chose qu’on remarque dans ces situations c’est naturellement une certaine discipline. Mais le problème qui suit après, c’est qu’il y a un manque total d’innovation et on tourne en rond répétant la même chose ».

« Le langage le plus utilisé est : on a toujours fait comme ça, le chef a toujours fait comme ça, le chef a toujours dit de faire comme ça, on avait toujours fait comme ça », a-t-il ajouté, avant de faire observer qu’ « on sent dans ce langage une absence totale de leadership, on voit qu’on est dans un positionnement hiérarchique où on suit ce que le chef a dit tout en se refusant toute réflexion ».

« Les entreprises, les institutions, les administrations aux têtes desquelles ont n’a que des chefs ne sont pas performantes. On peut arriver à instaurer une certaine discipline et une certaine coordination dans les actions mais les résultats ne seront pas probants », soutient-il dur comme fer.

Pour cet Economiste, si la notion de leadership devient de plus en plus importante dans notre société contemporaine, c’est parce que les citoyens manquent de stratégie pour faire avancer les activités dans les pays africains surtout au Togo.

« Le chef garde une position de risibilité, dans cette condition il est beaucoup plus difficile de travailler avec un chef qu’avec un leader .Il faut que les chefs se transforment en leaders. Etre chef ne fait pas de vous une personne ayant la capacité de conduire une entreprise pour atteindre des résultats probants. C’est juste un titre qu’il faut développer à travers des études en management pour faire de vous un manager», a souligné M. GODSON.

« Dans les entreprises où c’est le chef qui dirige, les collaborateurs n’arrivent pas à penser par eux-mêmes, la libre pensée n’existe pas . Quand vous proposez quelque chose aux employés que ce soit dans une banque ou que ce soit dans une administration vous leurs poser des questions mais ils n’ont pas l’autonomie de réflexion : a chaque fois on vous dira il faut qu’on voit le chef, on vous met dans un canevas mentale qui est une forme de programmation mentale », déplore t-il.

Du coup, M. GODSON appelle les chefs d’entreprise à commencer à se débarrasser de cette notion de chef pour devenir des leaders et selon lui, cela passe par une bonne formation en leadership.

Charles AYI

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