Togo/ Pr Atti Walla, secrétaire général du SYNPHOT : « Nous avons été tourné en bourrique par le ministre de la santé »

©Nouvelleafrique (Lomé, le 26 janvier 2018)- Le Syndicat National des Praticiens Hospitaliers du Togo(Synphot) a observé depuis mercredi trois (3)jours de sit-in pour réclamer la libération des neufs (9) agents du centre hospitalier de Bè Kpota, disent-ils, injustement licenciés, et l’adoption d’un statut particulier pour tous les praticiens hospitaliers du Togo ou encore l’équipement des centres hospitaliers du Togo en matériels leur permettant d’assurer à bien l’exercice de leur fonction.  Dans la foulée, le Syndicat a décidé de lancer un nouveau mot d’ordre de grève pour les 31 janvier  et 1er février prochains.

Après deux jours de sit-in, le personnel de la santé, est-il obligé d’aller à la grève pour obtenir une réponse du gouvernement ? C’est le sujet qui a suscité l’intervention du secrétaire général du Synphot, M Atti Walla, ce vendredi, sur les ondes de la radio Nana FM.

Répondant à cette question, Pr Walla fait remarquer que leur revendication ne date pas d’aujourd’hui. Selon lui, c’est depuis Juillet qu’il avait attiré l’attention des autorités sur les conditions précaires de travail des praticiens hospitaliers du Togo.

Le ministre de la santé, rappelle-t-il, avait donné sa parole de faire tout pour régler les problèmes auxquels font face les praticiens hospitaliers du Togo. Malheureusement, selon lui, ces paroles n’ont pas été suivies d’actes concrets.

D’où, à l’en croire, la nécessité de passer à la grève, qui selon lui, est la seule voie pour mettre pression sur le gouvernement après la mauvaise foi de ce dernier.

« C’est depuis Juillet que j’ai pris sur moi d’attirer l’attention du gouvernement sur le faite que nous ne voulions pas ajouter des tensions à la situation sociale et politique qui était dans le pays. Le ministre de la santé avait donné sa parole de tout faire pour répondre à nos exigences mais on a été tourné en bourrique », a-t-il déploré. Et d’ajouter que :

« Nous avons fait des séances de travail et au finish on nous offre un groupe de travail pour réfléchir des problèmes alors qu’il est évident qu’on n’a pas besoin d’aller dans un groupe de travail pour régler les problème car ce sont des questions très importantes et il faut trouver des solutions urgentes ».

Autres situations dénoncées par le responsable du Synphot et qui selon lui ne peuvent laisser indifférent, sont  les conditions précaires dans lesquels les agents de la santé travaillent  à l’intérieur du pays.

« J’ai été marqué par ce que j’ai pu voir dans le district sanitaire de Danyi Apeyeme où le personnel soignant n’a pas de l’eau pour se nettoyer les mains après les soins. Ils sont obligés d’aller chercher de l’eau au marigot.  Je parle de l’hôpital préfectoral de Danyi. J’ai vu plein de bidons dans la salle de soins et j’ai demandé à quoi servaient les bidons ils m’ont répondu qu’ils n’ont pas de l’eau et qu’ils étaient obligés  d’aller en chercher au marigot», a-t-il déploré. Et de faire remarquer aussi que : « Nous avons nos femmes qui accouchent en travail et qui sont obligés d’être envoyées dans les hôpitaux au niveau plus élevés à moto. Imaginez-vous une femme en travail qui est convoyée dans un centre de santé mieux équipé à moto ».

Interrogé sur le fait que les grèves ne vont pas amplifier les conditions déjà criards que connaissent les établissements sanitaires au Togo, le professeur se dit conscient mais pense qu’il n’a pas d’autres alternatives si, dit-il, « on veut sauver  l’image de ce secteur  qui est sinistré ».

« Lorsqu’un secteur comme celui de la santé se met à la grève ça n’arrange personne. Mais qu’on se rende compte que le secteur de la santé ne peut pas être plus sinistré que celui d’aujourd’hui. Il y des difficultés que nous avons tant de mal à faire ce que nous savons faire et si ça continue comme ça nous risquons de subir notre travail », a-t-il martelé.

Ce n’est pas une bonne chose, poursuit t-il, que le travailleur subisse le travail le travail qu’il fait, mais  doit plutôt   en jouir.

Autres préoccupations, les effectifs dans les établissements hospitaliers sont réduits, selon le SG du Synphot, de moitiés parfois de deux/tiers. Il a donc appelé aux recrutements et aux réinsertions des stagiaires qui avaient quitté les centres de santé à cause des conditions dérisoires.

Somme toute, Pr  Atti Walla à lancé un appel franc au gouvernement pour que solutions idoines et urgentes soient trouvées afin  que tout redevienne normal et que les praticiens hospitaliers du Togo reprennent aisément leur service.

Charles Ayi

 

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